Education aux médias – Le sport partagé au Championnat de France UNSS de Natation
Parmi plus d’une vingtaine d’activités sport partagé, c’est dans le cadre du championnat de France UNSS 2025, à Abbeville dans la Somme, que nous allons suivre et découvrir le sport partagé en natation du 1 au 3 avril.
Un encadrement adapté et engagé
Le sport partagé, c’est avant tout la possibilité, pour les élèves en situation de handicap, de pouvoir participer à des compétitions et profiter d’activités dans un encadrement fait pour les accompagner. ”Mon rôle est de proposer un programme et un barème adapté aux différents handicaps” nous explique Lisa Brouard, professeur d’EPS au sein d’un Établissement Régional d’Enseignement Adapté dans le 92. Référente sport partagé, elle s’engage dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap sur le championnat.
Comment se forme l’organisation des équipes et la notation des épreuves ?
En natation, les équipes sport partagé sont composées de quatre membres comme dans les autres catégories. La seule différence est qu’elles sont constituées de deux nageurs en situation de handicap et de deux nageurs valide. La notation de la performance des nageurs se fait en fonction du niveau de leur handicap. C’est-à-dire, leur niveau de difficulté et de gêne. Il est réparti en six groupes, de G1 à G6, G1 étant le groupe rassemblant les handicaps les plus lourds. Le nombre de points rapporté durant une nage peut différer selon le groupe, un G1 qui fait un temps de 1min30 aura par exemple 60 points alors qu’un G6 qui aura fait le même temps obtiendra 20 points.
L’idée de l’UNSS était d’ouvrir les compétitions à tous les élèves scolarisés en école publique
Ce sont ces valeurs qui ont poussé plusieurs établissements, tel que l’Académie Philippe Croizon, à se créer. L’idée était d’associer le sport adapté et le handisport pour réunir les handicaps physiques, sensoriel et mental dans une catégorie : le sport partagé. La composition des équipes permet le partage entre les nageurs valides et handicapés.

Comment avoir une “preuve” du handicap des nageurs ?
C’est la MDPH (Maison Départementale des Personnes Handicapées), qui donne une reconnaissance des différents handicaps à partir des demandes. Cela ouvre des droits de positionnement (place de parking), aménagement à l’école, au sport…
Les handicaps ne sont pas toujours visibles au premier regard
Bien qu’il y ait des catégories comme le sport adapté, le handicap reste pourtant quelque chose qui est obligatoirement visible pour beaucoup. C’est en interrogeant Emma Pascot, nageuse sport partagé du lycée privé Saint-Pierre à Cusset, que j’en ai appris d’avantage sur le sujet. ”Je suis malvoyante, c’est lié à ma naissance prématurée qui n’a pas laissé le temps à ma rétine de se terminer. Elle a dû être fini au laser” Emma ne peut pas voir à partir d’un mètre, sa vision lui permet de voir les couleurs mais pas les détails des choses qu’elle observe. À première vue, il n’est pas possible de déterminer qu’elle est handicapée et pourtant, sa malvoyance est un handicap qui rend plus difficile, mais possible, ses performances en natation et dans la vie de tous les jours
En clair, le sport partagé offre un encadrement qui permet à tous les élèves handicapés, que ce soit mentalement, physiquement ou sensoriellement de profiter du sport au même titre que les élèves valides.
Andréa Alonso
Photo de Une : Solen Alamichel, nageuse du lycée Françoise Dolto à Beaumont-sur-Oise
Crédit photo : Andréa Alonso – DR & Léandre Leber – Gazettesports.fr
Dans le cadre de nos interventions en EMI, nous avons encadré 8 « jeunes reporters » lors des championnats de France de natation qui se déroulaient à Abbeville. Cet article d’Andréa Alonso fait suite à notre intervention du mercredi après-midi.